Portraits présidentiels

Instauré en 1871 par le président Adolphe Thiers, le portrait officiel permet au chef de l’État, de se représenter en véhiculant une image positive au peuple. Il est affiché dans les hôtels de ville et est réalisé par un photographe professionnel.

portrait présidents image
Sur cette image des présidents de la Ve République, on retrouve de nombreux éléments communs mais on note également des changements, que ce soit dans le lieu, la posture, ou l’expression du visage.

Sur le premier portrait représentant Charles de Gaulle (1959-1969), on remarque que ce dernier est debout, dans la bibliothèque de l’Élysée, il se tient droit et regarde au loin sur sa gauche. Cela nous montre que le président est puissant. En effet, le fait qu’il se tienne en un tel lieu qui représente l’État, nous montre son attachement à la patrie et au savoir. Quant à sa position, elle illustre parfaitement la puissance et la fierté du personnage. De Gaulle est le seul président avec Pompidou qui porte sur la photographie la croix de la légion d’honneur. En effet, cette représentation du pouvoir a été abandonnée assez tôt afin d’insister sur une certaine forme de modestie de la part de nos présidents.

Le second portrait représente George Pompidou (1969-1974), se tenant lui aussi debout dans la bibliothèque de l’Élisée. On y voit beaucoup de similitudes par rapport au portrait précédent, notamment à travers la posture droite, la tête haute, ainsi que le regard qui ne rencontre pas l’objectif. On devine à travers ceci une forme de fierté et donc de pouvoir qui nous rappelle toute l’autorité et la domination du rôle de président de la République. Si nous devions résumer, nous dirions donc qu’entre les deux portraits il y a conservation du même lieu, du même vêtement, seul le regard n’est pas le même, ainsi que le photographe.

Le premier président à rompre les codes du portrait officiel est Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981). En effet, la photographie n’a plus rien à voir avec celle de ces deux prédécesseurs. Sur celle-ci, le président se tient debout devant le drapeau tricolore en mouvement. Contrairement aux anciens présidents, lui est souriant et regarde fixement l’objectif, ce qui révèle sans nul doute une volonté de proximité. En faisait cela, il donne à ceux qui voient le portrait une toute autre image de lui-même, ainsi que de son rôle. Il veut prouver par ce regard qu’il est franc et proche des Français, afin de les rassurer. Il porte un costume de ville plutôt que le costume officiel du président, ce qui souligne davantage l’idée précédente. Le fait d’avoir fait un portrait différent nous montre une certaine innovation et modernité vis-à-vis de son régime. Il veut interpeller ceux qui le regardent. Un autre point qui diffère des autres portraits est que celui-ci est présenté à l’horizontale.

Le quatrième portrait officiel est celui du président François Mitterrand (1981-1995). Ce dernier est un mélange de tous les précédents portraits officiels, pour la simple et bonne raison que le président se tient une fois de plus dans ce que l’on devine être la bibliothèque de l’Élysée. Il tient dans ses mains un livre (Les Essais de Montaigne). Cependant des similitudes avec le portrait de Giscard d’Estaing apparaissent aussi très nettement, notamment le fait de fixer l’objectif, ou encore de porter un costume de ville, car ces détails veulent insister une fois de plus sur une forme d’humilité. Précisons également que François Mitterrand fût le premier président socialiste de la Ve République et ainsi donne une importance majeure à la culture française et à la proximité entre lui et ses concitoyens.

Jacques Chirac (1995-2007), introduit dans son portrait différents éléments, montrant tout son respect et attachement au patrimoine et terroir français. Le changement le plus visible est bien entendu celui du lieu même de la photographie. En effet, le président se tient debout dans les jardins de l’Élysée, rompant ainsi la tradition instaurée par ses prédécesseurs. De plus, le président arbore un large sourire et fixe à son tour l’objectif, preuve de son contact avec le peuple. Afin de consolider cette idée, il porte un costume assez modeste et ne se place pas au centre de l’image.

Sur l’avant-dernier portrait, Nicolas Sarkozy nous propose un portrait officiel sur lequel nous le retrouvons dans la bibliothèque de l’Élysée tout comme l’étaient De Gaulle, Pompidou et Mitterrand. Nous pouvons y voir le drapeau tricolore ainsi que le drapeau européen mis en évidence au côté du président, montrant son attachement et appartenance à la patrie. Nous les voyons ici plus clairement que sur les autres portraits. Afin d’incarner pleinement le rôle de président actif, Sarkozy se tient debout et regarde l’objectif.

Enfin sur le dernier, nous pouvons voir François Hollande, en train de marcher dans le jardin de l’Élysée. Par ce mouvement, il espère montrer aux Français tout son dynamisme et sa modernité. Il semble adopter une posture plus décontractée que celle des autres présidents. Il porte lui aussi un costume noir soulignant la même idée que précédemment. Nous apercevons en arrière-plan l’Élysée sur lequel se dressent les drapeaux français et européen.

En conclusion, on voit clairement une évolution au fil des mandats. Les premiers portraits respectent et conservent un certain nombre de conventions, mais celles-ci sont abandonnées au fur et à mesure afin de laisser place à des photographies plus simples et ainsi plus modestes (costume de ville remplaçant l’habit officiel du président, lieux différents, postures,…). Dans ces portraits officiels, on essaie plus ou moins de faire passer des messages, par exemple on remarque que dans certains, les présidents dirigent leur regard vers la droite ou la gauche selon leur orientation politique.

Compétences

Posté le

mai 12, 2015

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