Les Springboks : au cœur d’une lutte titanesque

Les Springboks : au cœur d’une lutte titanesque

En 1995, l’Afrique du Sud organise la Coupe du monde de Rugby. C’est la première fois que l’Afrique du Sud est le pays organisateur, et l’unique datant de ce jour. Pour le Rugby, c’est une première également. Auparavant, la Coupe du monde se jouait dans deux pays différents.

Au cœur d’un conflit entre blancs et noirs, où les différences sont sources de problèmes, symbole de l’apartheid, figure principale de cette lutte sans merci entre deux mondes, pas si différent que ça dans le fond, l’Afrique du Sud de Nelson Mandela va vivre un tournant de son histoire. Au travers d’images fortes, telle que Mandela, premier président Sud-Africain noir, portant le maillot vert des Springboks, tendant la coupe à François Piennar, capitaine emblématique des Springboks, la nation « arc-en-ciel » naît. Afin de résumer ce succès avant tout national, François Piennar, capitaine des Spingbocks, nous dévoile les coulisses d’une « lutte populaire incommensurable »

«Ce fut ma seule Coupe du monde, et Dieu qu’elle fut belle !!!(ahaha…Sourires.)

Mandela a joué un rôle important, par sa force mentale, mais aussi son envie de faire de cette Coupe un élément déclencheur d’une nouvelle vie pour notre pays. Pour beaucoup, notre victoire n’était qu’un simple rêve, peu réalisable. Mais lui, (Mandela) croyait en nous, et nous donnait espoir d’y croire à notre tour. Il était mobilisateur. Il avait les mots pour nous motiver. Il disait souvent « Le pays est derrière vous » « Il sera fier de votre parcours». Moi dans tout ça, j’ai compris qu’on était pas tout seuls… 

L’équipe à battre était l’Australie et ce fut d’ailleurs notre premier match de la compétition. Ils avaient une équipe fantastique. Ils étaient redoutables mais nous ne doutions pas de nos qualités. Il fallait commencer fort pour entamer la suite de la compétition plus sereinement. Notre entraîneur, taquin et surexcité, nous disait souvent avant les matchs « Les Gars ! (léger temps de silence) Je n’aimerais pas jouer contre vous ! » (Ahaha LOL !) Il était drôle  !

Après cette première victoire, 27 à 18, nous étions lancés, prêts à en découdre, sans avoir cousu. L’équipe attendait toujours plus d’elle-même. Il fallait nous mener à la victoire. Pour nous, et pour le peuple africain ! (dit-il avec joie)

Après la traversée d’un chemin, sans encombre jusque-là, nous affrontons la France en demie. Malgré les clichés, nous savions qu’ils n’étaient pas tous des beurs ! (Ahaha Rires gênés). La pluie ruisselait dans les travées du stade « Kings Park ». Le coup d’envoi fut retardé. Nous étions inquiets car nous savions que, en cas de forfait, nous perdions la partie à cause d’un dossier disciplinaire peu confortable. Dans des conditions difficiles, nous arrachions la victoire, tels des lions enragés, avec une avance de 4 points sur les bleus (19 à 15).

Ça y est, nous étions enfin en finale, confrontés à une autre puissance du monde du rugby, plus connus sous le nom des « All Blacks ».

L’ambiance avant cette finale était incroyable. La tension du peuple africain mélangée à la ferveur d’une finale constituait pour nous un stress maladif. Cet événement, cette finale que nous nous sommes offerts à nous et à notre pays, représentait tant dans nos vies. J’étais dans le vestiaire avant la finale quand Mandela a tenu à nous souhaiter bonne chance. Il portait dans son dos mon numéro ainsi que mon nom. Ma fierté fut encore plus grande et je me suis à y croire de plus en plus. Nous allions le faire.

Sur le terrain, c’était comme dans un film. Les cris et les sirènes retentissaient. Nous étions concentrés, déterminés à marcher sur les Blacks ! (Ce qui est une offense envers les noirs… Je dis ça, je dis rien). Notre stratégie défensive consistait à placer systématiquement deux ou trois joueurs sur Jonah Lomu, la menace principale des Blacks. Stratégie payante puisque cela se joua principalement sur coups de pieds arrêtés. Stransky, notre tireur nous donna la victoire, après prolongations, sur un sublime dernier drop. Notre histoire se termine là. Le stade explosa, la joie éclata. L’Afrique du Sud, championne du monde de Rugby ! Un nouvel élan pour notre pays commença. »

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Posté le

juin 2, 2016

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