1 septembre

C’est presque devenu une habitude… Raser les murs, baisser la tête, éviter leurs regards, se taire et être invisible. Cela fait déjà deux ans que ça dure. Je crois qu’en fait, c’est une habitude…

Ce matin j’ai reçu un coup d’épaule dans le couloir, c’était Mathieu, celui qui me fait subir toutes ces violences depuis déjà deux longues années… En plus je me retrouve dans sa classe, super ! Les deux heures de maths ont été atroces. Mathieu n’a pas arrêté de me lancer des stylos, de taper dans ma chaise… Encore une année de plus à supporter ses moqueries. A la récré il a été retrouvé sa bande de potes, ils m’ont embêté, comme toujours. Je sais que tout ça ne s’arrêtera probablement jamais. C’est devenu un quotidien, que j’aimerais oublier. Tous les jours se ressemblent.

Le pire, c’est que les autres s’en aperçoivent, mais ils ne font rien. Ils préfèrent regarder plutôt que de m’aider. Le monde est rempli de gens lâches, mais après tout que ferais-je a leur place ? Je voudrais vraiment que ça change. Pourquoi moi ? Qu’est ce que je leur ai fait ? Toutes ces questions auxquelles personne n’a jamais répondu. Je vis dans une solitude qui est semblable à un océan vaste et tellement profond qu’il m’est impossible d’en sortir, elle m’emporte tout les jours un peu plus loin du rivage. J’en ai marre de sentir sur moi ces regards de jugement, ça m’empêche de vivre, littéralement.

Ce midi au self, la torture a continué. Mon plateau calé entre mes mains, je déambulais au milieu des tables. Cherchant une place où m’installer, un endroit où je pourrais être tranquille. Mais, une fois de plus, ma tranquillité fut interrompue par Mathieu. Lui, toujours et encore. En passant devant sa table, il me fit un croche-pied, je me retrouva en moins d’une seconde par terre, la tête dans mon assiette de pâtes bolognaises. Des humiliations j’en ai subi des centaines, voir des milliers. Mais celle ci restera la plus dure pour moi. Le self entier en a ri. Une puissante odeur de sauce tomate m’a habité le reste de la journée, mes habits étaient tachés et impossible pour moi de les changer. Cela m’a poursuivi tout le reste de la journée. Chaque personne que je croisais dans les couloirs ne pouvait s’empêcher de se moquer de moi. Une fois de plus cette cuisante humiliation me rappela que je suis bien un être inférieur. L’après-midi était vraiment horrible. Même dans le bus, on se moquait de moi.

Le seul moment ou je suis enfin libre, c’est quand je passe le seuil de ma porte. Enfin, pas ce soir… Ma mère m’a tout de suite demandé ce qu’il c’était passé, je n’ai pas su quoi lui répondre, la honte, elle est là , toujours présente, c’est comme une seconde peau pour moi. Le courage m’a manqué, comme d’habitude alors je suis parti dans ma chambre, pour pleurer, il y a des choses qui je pense ne changeront jamais.

Compétences

Posté le

novembre 18, 2015

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