6 Janvier

Le chagrin ne vous change pas , il vous révèle.

John Green.

Je ne suis même plus capable de dire si aujourd’hui encore, je peux ressentir le chagrin. Mes larmes coulent et pourtant je n’ai pas l’impression que se soit de la tristesse. Je pense que ces larmes ne sont rien d’autre que de la rage, une rage puissante qui me ronge , elle me colle a la peau. J’ai une image, une réputation qui s’accroche a moi comme un boulet. Je suis le cliché du pauvre gamin harcelé qui n’arrive pas à s’en sortir. Pourtant c’est belle et bien ma réalité.

Pendant ces deux derniers mois rien n’a changé, toujours les mêmes bleus accompagnés des mêmes excuses bidons. Mathieu continu toujours et encore de me harceler. Je ne dis toujours rien à mes parents. Je suis pétrifié à l’idée de leur avouer, comment leur dire que leur fils n’est qu’un lâche incapable de se défendre. Je n’ai pas envie de leur faire honte.

Aujourd’hui ce fut calme, peut être trop finalement. Personne n’ai venu me voir, personne ne m’a parlé, agressé ou bousculé. Personne ne m’a parlé et je n’ai parlé à personnes, et pour une fois je peux dire que s’était une bonne journée , une vrai bonne journée. Sans problèmes , sans connard sur pattes pour venir n’emmerder. Le seul soucis de cette conclusion c’est que je me suis rendu compte que je ne comptais pour personne, je veux dire vraiment personne. C’est souvent déstabilisant de se rendre compte de ce genre de choses. Mais le calme qui m’avais précipité dans mes pensées noires fut très vite interrompu, sans surprise par Mathieu. Je traversais lentement, tête baissée le couloir principal, quand il est venu me pousser vivement contre un casier. Ma joue a durement heurtée le froid du métal. Après quelques secondes j’ai sentis le goût du sang s’infiltrer dans ma bouche. J’ai de nouveau la main de Mathieu s’élever au dessus de ma tête, prête à frapper. Mais sa main n’a jamais atteint mon visage la voix douce et autoritaire d’Axelle l’en a empêché. Je ne savais pas comment réagir. Pourquoi la si jolie et populaire Axelle venait-elle à mon secours. Je suis resté collé au casier, incapable de faire le moindre geste. Pendant ce temps Axelle criait littéralement sur Mathieu. Elle a même atteint le point de non retour en le giflant. C’était la première fois en deux ans que quelqu’un venait prendre ma défense, que quelqu’un me soutenait en public et surtout au lycée. Une fois que Mathieu a quitté le couloir vexé et en colère, je me suis retrouvé face à Axelle, ne sachant pas quoi lui dire. Elle me fixait d’un regard contenant de la pitié. Je me sentais reconnaissant en vers elle et à la fois en colère car la seule chose dont je suis capable c’est inspirer la pitié à cette fille. Je lui est donc dit : » Merci, mais je n’ai pas besoin de ta pitié. » Puis j’ai quitté le couloir la laissant désemparée et sûrement vexée. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle décide de m’aider, je n’ai besoin de personne et surtout pas d’elle.

Compétences

Posté le

novembre 25, 2015

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