5 Novembre

 » Les adolescents se croient invincibles. »

– John Green.

Aujourd’hui ça a été une journée comme les autres. Je crois qu’elle est passée même moins vite qu’un repas de famille ennuyant, c’est pour dire…

J’ai vu Mathieu en cours d’histoire ce matin, il ne m’a même pas adressé un mot. J’étais extrêmement surpris, à vrai dire j’ai même trouvé ça bizarre. C’est plus tard dans la journée que j’ai compris pourquoi il ne m’avait rien fait subir ce matin.Il a commencé à me chercher en début d’après midi. Pour une fois, je ne me suis pas laissé faire, j’ai tenté de me défendre. Ça ne m’étais jamais arrivé avant. Mais visiblement ça ne lui a pas plu. J’ai été convoqué chez le proviseur, une fois de plus à cause de ce foutu gars, et comme par hasard c’est moi que l’on a sanctionné. La vie est bien trop injuste pour les types comme moi.

Finissant les cours a 15h30, j’ai voulu rentrer chez moi , à pieds, comme le font tous les jeunes de mon âge. Ça n’a pas vraiment été la meilleure décision que j’ai prise dans ma vie. Comme l’autre jour , Mathieu et ceux qui lui servent de potes s’en sont pris à moi. Ils m’ont roué de coups. Je ne sentais plus mon visage, il me brûlait tellement. J’avais pas mal de sang sur mes vêtements. Les regards des passants étaient tous dirigés vers moi. Un vieil homme est venu me voir, il avait l’air affolé. Il m’a demandé si j’avais besoin d’aide, je lui ai répondu non, alors que je savais pertinemment que j’étais au bord du gouffre. Je lui ai fait croire que je venais de faire une chute de vélo. J’avais tellement honte que je n’ai pas été capable de dire la vérité à cet homme. Après ça j’ai repris ma route,en accélérant le pas, pour être le plus vite possible à la maison. J’avais l’impression d’être un zombie, de faire peur au gens, ils changeaient presque de trottoir en me voyant. Cela m’a énormément blessé. En arrivant devant la porte de chez moi, je me suis assis par terre pendant quelques minutes, et c’est seulement à cet instant précis que je me suis autorisé à pleurer.

Je ne sentais plus mes muscles, j’étais tellement affaibli. Je suis ensuite monté dans la salle de bain pour me nettoyer et essayer de détacher mes vêtements au maximum. J’avais terriblement mal, la douleur devenait vraiment insupportable. Le plus compliqué je pense, c’est quand j’ai entendu mes parents rentrer. Je ne savais pas comment j’allais leur justifier tous ces bleus, alors je leur ai raconté l’histoire du vélo. Je voyais bien que mon histoire ne les avait pas convaincus, mais je ne pouvais pas leur dire la vérité. Ce soir je n’ai même pas mangé, les nœuds que j’avais a l’estomac à cause de cette journée m’en ont empêché. J’ai préféré me mettre dans mon lit, je n’arrivais pas à m’enlever ces images de ma tête : Mathieu, les coups, rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons. Une fois de plus mon sommeil sera fait de cauchemars, et je me demande quand est-ce qu’il prendra fin.

Compétences

Posté le

novembre 25, 2015

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