Sans souffrance, comment connaître la joie ? Un point de vue que j’avais toujours trouvé d’une stupidité et d’un manque de finesse inouïs. Pour le démontrer, il suffisait de dire que, même si le brocoli existe, ça n’empêcherait pas le chocolat d’être bon.

                    • Nos étoiles contraires , John Green

La journée avait mal commencé, ce matin j’ai raté mon bus car mon réveil n’a pas sonné. Je suis donc arrivé en retard en cours, m’attirant par la même occasion les foudres de la CPE. Ce fut encore pire lorsque j’ai croisé Mathieu dans les couloirs. Le regard mauvais qu’il m’a lancé ne présageait rien de bon. J’avais à peine posé mon sac dans mon casier que ma tête fut projetée à l’intérieur. J’ai entendu de terribles craquements des os de mon cou. Les larmes me montèrent aux yeux, je voulais tout abandonner. Pendant quelques semaines Mathieu m’avait laissé tranquille. J’avais repris espoir. Je pensais que tout irait bien, mais malheureusement il revenait à la charge pour me briser à nouveau. Il voulait briser le bonheur que je commençais à ressentir avec Axelle. Ce n’est plus de la tristesse et de la peur que je ressentais mais de la rage ! Une rage profonde enfouie en moi depuis bien longtemps.

Je me suis alors retourné vers Mathieu. Mon poing s’est élancé de lui même sur sa pommette droite. Il n’était plus question que je me laisse faire. Aujourd’hui c’est à moi de riposter. Mes coups se sont abattus sur lui. Je ne contrôlais plus rien. Ce n’est que lorsque deux puissants bras m’ont arrêtés que je me suis réellement rendu compte de ce que je faisais. Je ne crois pas que je souhaitais en arriver là. Je ne peux pas non plus dire que je regrette de lui avoir cassé la gueule. Parce que soyons honnête se débarrasser de lui de cette manière est assez satisfaisant. Même si je pense que cela aurait pu se terminer autrement qu’en laissant parler ma haine.

Aujourd’hui, après un rapide passage dans le bureau de la proviseur me voilà débarrassé de Mathieu une bonne fois pour toute. Mathieu a récolté une superbe exclusion de quelques semaines amplement méritée. Quand à moi seulement quelques heures de colles pour m’être battu. La proviseur a jugé que compte tenu de la situation que j’ai vécu ces deux dernières années je ne méritais pas une grosse sanction. Qu’elle garde sa pitié, je n’en ai absolument pas besoin. Elle n’a jamais rien fait pour moi ce n’est pas maintenant qu’elle peut changer les choses.

En rentrant à la maison j’ai bien évidemment du parler de mes heures de colles à mes parents et par la même occasion leur raconter toute l’histoire. Pour une fois je me suis senti aimé et écouté. Je pense pouvoir le dire sincèrement aujourd’hui : Je suis heureux.

Compétences

Posté le

janvier 13, 2016

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