12 Janvier

 » On ne trouve pas la solitude, on la fait  » Marguerite Duras.

En effet, la solitude est un choix. Le choix de rester seul. C’est d’ailleurs ce que je fais depuis déjà 2 ans. L’idée d’être le boulet d’une bande ne me plaît pas du tout. Qui voudrait d’un ami qui ne sait même pas se défendre à la moindre remarque ? Personne. Alors pourquoi la si populaire Axelle est t-elle venue m’aider l’autre jour ? Je ne comprends toujours pas son geste. Je n’ai pas besoin de son aide. Ça fait déjà 2 longues années que je me débrouille seul, et ça continuera ! Aujourd’hui rien d’anormal, les insultes, les coups d’épaules… le quotidien. J’ai croisé Axelle dans le couloir, elle m’a regardé fixement durant plusieurs secondes, mais j’ai très vite détourné mon regard du sien. Je ne pouvais pas l’affronter, j’avais presque honte. Elle me voit comme le gamin sans défense qui subit les moqueries des autres, et je ne veux pas qu’elle pense ça de moi. Je n’ai tout simplement plus l’envie de me défendre. Il faut dire qu’en 2 ans, on s’habitue. Les critiques ne m’atteignent même plus, j’en ai tellement entendu. J’ai l’impression que ma vie n’en est plus une. Elle ne m’appartient plus, Mathieu me l’a volée depuis bien longtemps. Je suis un être trop fragile, qui à la première petite remarque baisse les bras et abandonne tout. Tout ça doit changer, je dois changer. Mais comment ? J’ai déjà cette image du pauvre lycéen sans défense qui me colle à la peau.  »Will le boulet », il faut croire qu’avec le temps, c’est devenu mon surnom ! Axelle m’a bloqué dans un coin de la cour cet après-midi, elle m’a dit qu’elle en avait marre de ne rien faire pour m’aider, elle m’a même parlé d’un groupe de soutien… J’avoue que cette idée ne m’avait jamais traversée l’esprit. Je ne veux pas y aller, je n’ai jamais parlé de ma détresse, même pas à mes parents… Mais le destin en a décidé autrement. En fin de journée, Mathieu s’est littéralement défoulé sur moi, je n’ai pas su contrôler la situation. Je me suis fait frapper des centaines de fois, mais celle ci fut bien pire. J’avais l’impression d’être un sac de boxe vivant. Les coups étaient tellement forts je crois même avoir perdu connaissance quelques instants. Ils m’ont défiguré, littéralement. Je ne pouvais plus bouger, ni même parler. Et comme le sort s’acharne sur moi, c’est Axelle qui m’a trouvé et aidé. Je l’ai alors suppliée de ne pas me ramener chez moi dans cet état et encore moins à l’hôpital, personne ne devait savoir à part elle. Alors nous sommes allés chez elle , pour qu’elle puisse me soigner. Assis au centre de sa salle de bain, le visage couvert de brûlures, mon regard n’était attiré que par le vert profond de ses yeux. Je ne sais pas pourquoi j’ai le droit à autant de gentillesse et de beauté, mais je ne veux surtout pas que ça s’arrête ! Suite à ça je me suis remis en question, chose que j’avais déjà fait de nombreuses fois, mais celle-ci à été différente. J’ai compris que j’allais être obligé d’accepter l’aide d’Axelle. Je lui ai donc dit que j’acceptais d’aller au groupe de soutien, mais pas seul. Je veux qu’elle soit là pour parler si jamais je n’en ai pas la force. Je trouve ça bizarre mais j’ai besoin de son aide. Je me surprends moi-même. Je me suis rendu compte que finalement je ne pourrai jamais arranger les choses sans l’aide de quelqu’un. Et ce quelqu’un, c’est Axelle.

Compétences

Posté le

décembre 16, 2015

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *