12 Janvier

Même les fêtes de fin d’année, qui d’habitude me réjouissent, n’ont pas réussi à effacer de ma mémoire ce triste drame.

Mes parents savaient que j’aimais le camping depuis très longtemps, ils m’ont alors offert une nouvelle toile de tente. Il m’est ensuite venu une drôle d’idée en tête qui est partie aussi vite qu’elle est arrivée. Comme cadeau, mon oncle m’a offert le dernier couteau suisse sorti le mois dernier. C’est celui que j’avais repéré mais que mes parents ne voulaient pas m’acheter car ils n’en voyaient pas l’utilité. Depuis les fêtes je ne suis pas sorti de chez moi.

Ce matin maman m’a demandé d’aller acheter des croissants pour le petit-déjeuner. J’ai pris mon vélo et quand je suis arrivé devant la boulangerie j’ai vu l’affiche de condoléances destinée à Thomas. Une autre vague de culpabilité m’a emporté, j’ai baissé la tête tout en ouvrant la porte et je ne l’ai pas relevée jusqu’à la sortie de la boulangerie. Au retour j’ai pris un autre chemin pour me balader et au coin de la ruelle « Saint-Antoine » j’ai vu un élève de sixième se faire agresser par une bande de troisièmes. Je me sentais mal à l’aise mais j’ai continué mon chemin. Ma mère m’a demandé pourquoi je faisais une drôle de tête, je lui ai répondu que j’avais vu un chat se faire écraser. Ce mensonge m’a permis de ne pas parler de l’agression que j’avais vu. Les images de l’agression revenaient vers moi telles une claque en plein visage comme celles que je donnais à Will.

Au déjeuner, je me sentais toujours aussi mal et, malgré les questions que me posaient ma mère, je n’ai pas osé parler et je suis sorti de table rapidement. Dans l’après-midi je suis allé courir comme chaque vendredi. J’ai pris mon MP3 et mes écouteurs ; c’est parti ! La musique à fond dans mes oreilles et l’air frais m’encourageaient à dépasser mes limites. J’ai fait le parcours de santé pour la première fois aller-retour. Je suis rentré trempé de sueur et fatigué par ma course mais cette sortie m’aura vidé l’esprit. L’heure du goûter était largement passée mais j’ai quand même pris un paquet de Granola, une bouteille de Coca et je suis monté dans ma chambre. Allongé sur mon lit et la musique toujours dans la tête, j’ai dévoré les gâteaux en réfléchissant. Quand je me suis assis, mon regard a croisé le planisphère accroché devant mon bureau. Je l’ai fixé pendant quelques secondes puis j’ai détourné le regard mais il s’est ensuite posé sur mes cadeaux de Noël puis sur la fenêtre ouverte. J’y repensais… Cette idée qui m’avait traversé l’esprit pendant les vacances m’était subitement revenue en mémoire.

Il fallait que je parte…

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Posté le

mars 23, 2016

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